Qu’est-ce-qu’un Druide ?

  • adminvoyastr
  • 26 February 2014 17 h 34 min
  • Esotérisme

Archidruide en costume traditionnel Personnage incontournable de la société celtique, le Druide était réputé pour posséder un immense savoir et notamment une vaste connaissance de l’univers. Rien ne lui échappe, il sait tout et possède des pouvoirs considérables au sein de la société qui lui voue un grand respect. A ce titre, le Druide occupe des fonctions majeures au sein de la société celtique : il est à la fois chargé de l’éducation des jeunes aristocrates, conseiller du roi (notamment pour les questions liées à la guerre), ministre du culte (responsable des sacrifices animaux et, plus rarement, humains) et de la justice (à cette époque, religion et questions juridiques se confondent) ainsi que responsable des pratiques divinatoires. Certaines sources rapportent que les druides auraient également été les ambassadeurs des dieux auprès des hommes mais il n’y a pas suffisamment d’éléments pour pouvoir l’affirmer avec certitude. Une grande partie des connaissance que l’on a sur les druides provient de l’ouvrage historique « Commentaires sur la Guerre des Gaules » écrit par Jules César à partir de notes prises pendant la guerre et compilées entre 52 et 51 av. J.-C. sous la forme de sept livres (1). On trouve également mention du rôle des druides à l’époque gauloise, à travers les écrits de deux autres auteurs classiques, Diodorus Siculus and Strabo, qui allaient jusqu’à affirmer que le Druide était si puissant qu’il pouvait mettre fin à une bataille simplement en s’interposant entre les deux armées en train de s’affronter (2).

Origines étymologiques

Il subsiste encore aujourd’hui quelques zones d’ombre sur les origines étymologiques exactes de la racine druid- mais l’hypothèse selon laquelle le terme « druide » avait un lien avec le chêne (l’arbre) est aujourd’hui totalement réfutée par l’ensemble des spécialistes. C’est le mot dorguid en breton ancien qui signifie « devin » et qui semble être l’origine étymologique la plus convaincante. On y retrouve notamment la racine indo-européenne *weid- qui signifie « voir » et qui est souvent associée à la voyance ainsi que, par extension, au savoir. Le Druide est donc quelqu’un de « très voyant », « très savant » et « très sage » (3).

La place des druides dans la société

Les druides sont au plus haut conseil de la société, les conseillers directs et si proches du roi que celui-ci ne prend aucune décision importante sans son aval. Ses rapports supposés avec les dieux lui permettent d’avoir des visions de la société future qu’il confie au roi, afin que ce dernier guide son peuple vers la réalisation de cette vision. Le druide est considéré comme un vaillant guerrier. En qualité de conseiller militaire et stratégique du roi, il conçoit et propose au roi des stratégies qui lui permettent de remporter les batailles que mène son armée.
Les druides incarnaient les valeurs du peuple celte dans sa globalité formant ainsi un groupe ethnique uni et puissant regroupé autour d’eux.

S’il est arrivé dans l’histoire du druidisme que certaines personnes aient été prédisposées, par un don naturel, à devenir druide, la plupart des druides ont suivi un enseignement rigoureux pour parvenir à assumer cette fonction. Pour être druide, il fallait s’engager spirituellement dans une confession religieuse, suivre des enseignements théologiques et philosophiques, et ce pendant bon nombre d’années. L’acquisition des aptitudes de druide était donc le résultat d’un travail consistant à la recherche d’une élévation spirituelle et d’une connaissance profonde de la société.

Aujourd’hui, le druidisme pur s’est considérablement affaibli. La société moderne ayant éclipsé la royauté, principalement sous nos latitudes, on ne compte plus vraiment de druides. On retrouve tout de même des personnes qui se vouent à l’étude de la théologie et de la philosophie sociale, mais loin de la politique et toutes les prérogatives d’autrefois. Telles des médiums, elles consacrent leur vie à aider des personnes en quête d’élévation spirituelle. Néanmoins, depuis quelques années, le néodruidisme est devenu une religion à part entière, notamment en Grande-Bretagne où elle est reconnue officiellement depuis 2010 et regroupe environ 10 000 pratiquants (4).

SOURCES :

1. Julius Caesar, James Bradstreet Greenough, Benjamin Leonard D’Ooge, Moses Grant Daniell. Caesar’s Gallic war : (Allen and Greenough’s edition). Boston : Ginn & Company, 1904. 430 p. [Lien]

2. Hutton, Ronald. The Druids. London : Hambledon Continuum, 2007. 256 p.

3. J. LOICQ : Les Druides dans l’ancienne société celtique. [Lien]

4. Le néodruidisme constitue une religion. [Lien]


Leave a Reply